Le business de l’or bleu à Dharavi

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A travers le rideau semi-opaque, Saïf regarde avec apitoiement les mères de famille assises le long du mur. La passivité fige leurs traits du visage. Plusieurs heures, elles restent assises, les bras ballants, le regard dans le vide. Exemptée de travail, elles restent néanmoins corvéables à merci. Leur mission ? Scruter la vanne endormie. L’eau ne coule pas en ce début d’après-midi. Pourtant, il fait si chaud. Les gouttes de sueur luisent sur leur front.

« L’eau arrivera par ce robinet seulement entre 20 h et 21 h 30. C’est ainsi chaque jour », explique Saïf. Le jeune homme de 20 ans seconde Nawneet au centre. Il identifie sans peine les fardeaux de sa communauté, dont celui de l’eau.

« Les femmes arrivent tôt pour surveiller l’arrivée et récupérer leurs portions. Sinon, elles repartiront sans rien et on leur dira que c’est de leur faute. »

Les gestionnaires des pompes tirent bénéfice de cette quête à l’or bleu. L’eau coûte désormais une fortune pour les pauvres… en argent, et en temps. Lire la suite

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