Le business de l’or bleu à Dharavi

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A travers le rideau semi-opaque, Saïf regarde avec apitoiement les mères de famille assises le long du mur. La passivité fige leurs traits du visage. Plusieurs heures, elles restent assises, les bras ballants, le regard dans le vide. Exemptée de travail, elles restent néanmoins corvéables à merci. Leur mission ? Scruter la vanne endormie. L’eau ne coule pas en ce début d’après-midi. Pourtant, il fait si chaud. Les gouttes de sueur luisent sur leur front.

« L’eau arrivera par ce robinet seulement entre 20 h et 21 h 30. C’est ainsi chaque jour », explique Saïf. Le jeune homme de 20 ans seconde Nawneet au centre. Il identifie sans peine les fardeaux de sa communauté, dont celui de l’eau.

« Les femmes arrivent tôt pour surveiller l’arrivée et récupérer leurs portions. Sinon, elles repartiront sans rien et on leur dira que c’est de leur faute. »

Les gestionnaires des pompes tirent bénéfice de cette quête à l’or bleu. L’eau coûte désormais une fortune pour les pauvres… en argent, et en temps. Lire la suite

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Episode 2 : Alleppey, l’Inde verte et ses 900 km de canaux

Explorer le Kerala, territoire aux mille et une facettes, requiert plusieurs semaines. Avec trois jours seulement au compteur, nous avions un programme dense pour limiter la frustration d’un retour précipité. Au lendemain du séjour à Fort Kochi, dimanche 2 août, la descente en bus en direction d’Alleppey se fait sous une pluie torrentielle. 2e etape Allepey (45)Les gens font tomber les volets et nous plongent dans le noir. La performance du chauffeur n’est pas seulement de conduire plusieurs heures consécutives sans voir à dix mètres devant lui. Elle est surtout de maintenir sa carlingue en place sur des routes sinueuses.

Cette alternative au taxi est certes, moins confortable, mais très économique. A 1,30 € les 2 heures de trajet, et près de 100 km parcourus, elle défie toute concurrence !

Sur le quai principal à Alleppey, Salim, un ami de Joseph (notre hôte de Fort Kochi), vient nous proposer son houseboat. « Bateau maison » dans sa plus simple traduction. La croisière le long des backwaters, ces centaines de kilomètres de canaux – un peu comme le marais poitevin mais à l’indienne -, paraissait incontournable. On dit que cet immense cordon de lagunes, entre terre et mer, est unique au monde.

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Alain repart sur les routes pour faire les provisions, avant le départ en houseboat.

Emmitouflés dans nos K-way, et compressés par nos sacs à dos, nous acceptons de monter derrière Salim en moto. Avec notre sac de 90 L posé sur ses genoux, il parvient à peine à voir la route et à tourner le guidon aisément. Alain s’enfile au milieu, en sandwich, tandis que je prends place, à l’arrière, les pieds en l’air et le corps tout juste assis sur les poignées. Nous sommes finalement plus chargés qu’une famille de 5 personnes sur un scooter…

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