Naître fille, une malédiction

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Misba

Samedi, l’Aïd el-Fitr a conclu par des festivités la fin du jeûne du ramadan. Traditionnellement, Misba s’est ornée les mains d’henné. Les couleurs flamboyantes de cette poudre répandue en Inde enjolivent tout au long de la semaine ses mains et celles d’une dizaine de jeunes musulmanes du centre de Dharavi Diary.

Fière de la beauté qu’offre ses tatouages éphémères, Misba se laisse prendre en photo sans sa burka, posée sur le dossier de la chaise. Juste une. Habituellement, elle ne laisse entrevoir que son regard. Le filon passe bien. Nous évoquons ce dernier film bollywoodien « Bajrangi Bhaijaan » dont l’acteur Salman Khan fait saliver les jeunes filles de Mumbai.

« Il a même été projeté sur un écran dans Dharavi ce week-end ! », s’enquit Misba, pour montrer sa reconnaissance de premier plan.

Misba étudie au lycée catholique Mount Mary Convent, dans le quartier aisé de Bandra. Elle semble vouloir se justifier.

« J’ai conscience d’être née dans une bonne famille où je suis tout aussi respectée que mes frères. Je vais à l’école privée tous les jours en bus et ensuite, je viens étudier ici au centre », m’explique t-elle.

Misba est « bien née ». Elle rêve d’être médecin. Sa jeunesse n’est pas tout à fait semblable à celles d’autres indiennes. Pendant plus d’une heure, elle parle avec clairvoyance de cette quête d’affranchissement nécessaire face à une société patriarcale où la femme n’a pas son mot à dire.

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