L’indian life, toujours si étonnante

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« L’inde, on l’aime ou on la déteste ». 

C’est vrai et faux à la fois. Tant elle est énigmatique et insaisissable.

Elle est un mystère qu’il faut vivre et non résoudre. Elle suscite des réactions, déstabilise et provoque un cataclysme dans nos têtes. Le choc est tellement fort à l’arrivée qu’il a fallu quelques jours pour s’en remettre. Car ce pays ne fait pas dans la demi-mesure. Nous l’avons observé pendant deux mois… Sans vouloir stéréotyper la vie indienne, je souhaitais partager quelques observations, physiques et comportementales, plutôt amusantes. En toute légèreté, ces quelques facettes se racontent en images.

  • Des fous du volant
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Sur la 4 voies entre Agra et Jaipur

« Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours ».

Lpremière partie du proverbe de Ghandi résume à elle seule la dangerosité des routes indiennes. On roule sans interdits. En toute liberté. Le code est inexistant. La loi du plus gros l’emporte et le piéton doit s’élancer dans une mare aux crocodiles pour traverser la route. Les véhicules saisissent la moindre opportunité de grappiller une place … même s’il faut condamner le trottoir et bousculer les passants. Le contre-sens n’a alors rien d’anormal, même en présence de la police qui n’en a que faire de la signalisation. Au départ, nous avions l’impression d’échapper à la mort à tout instant avant de comprendre que les indiens se baladent dans ce désordre comme des pilotes sur un circuit.

  • Le voyage, confinés les uns contre les autres

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La selle d’une moto pour deux personnes ? Sûrement pas. On y monte à trois, quatre, et parfois même avec des sacs surchargés. Contraintes par leurs burqas ou saris, les femmes placent souvent leurs jambes d’un seul côté. Certains conducteurs tractent des portes sur leur deux-roues, des troncs fraîchement coupés ou un matelas deux personnes. Épatant ! Même dans les rickshaws, conçus pour trois, on s’entasse jusqu’à 10 sans que personne n’ait le souffle coupé.

  • Les indiens disent toujours « Non »

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Ils ne disent ni « oui », ni « non ». Ils font ce signe de la tête très particulier… le dodelinement. C’est un balancement de la tête de droite à gauche, d’un mouvement rapide, tout en gardant le coup immobile. Il ressemble à un « non » occidental mais signifie « Oui ». Enfin, en principe car en réalité, les choses se complexifient (les indiens aiment quand c’est compliqué). Le dodelinement est aussi utilisé pour dire « peut-être » ou « non ». Les indiens dodeline tellement que cela devient parfois un réflexe incontrôlé. Comment alors reconnaître un dodelinement classique d’un dodelinement machinal ? Par le clignement des yeux, le « Mmmmh »… et la déduction !

  • Ça pique !
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Les plats épicés du Kerala.

« Without chili and spicies, please ». Oh vous avez beau en faire la demande dans les restaurants, les indiens mangent des épices et du chili tellement forts que leurs papilles ne distinguent plus lorsqu’il y en a un peu. Et ce « un peu », à vous occidental, dépasse de loin le petit curry que l’on met dans notre poulet. Cette nourriture indienne très végétarienne est un délice pour les amoureux des épices. Nous on l’aime quand elle est « without chili » et c’est déjà bien piquant !

  • Fan du selfie

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Les indiens adorent être photographiés sous toutes les coutures. Ils nous réclament souvent de prendre la pose avec eux. On ne compte d’ailleurs plus les photos bras dessus, bras dessous prises avec des familles entières. Mais ils apprécient aussi le selfie en solo, se positionnant parfois dans des postures à peine croyables.

  • Pas de pessimisme

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On raconte que les Indiens ont inventé la débrouille. Celle qu’ils appellent « Jugaad ». L’improvisation et le culte du système D viennent combler le vide institutionnel. En se baladant dans les rues, on s’en fait rapidement une idée. Des véhicules hybrides sont recomposés avec des pièces récupérées ailleurs. Le toit coupé d’une voiture est ressoudé avec de l’étain en pleine rue. Sans protection. Des hommes viennent à bout des pannes électriques en grimpant auprès des conducteurs, sans se méfier des arcs électriques qui en jaillissent. Les enfants du bidonville ont inventé une application mobile qui réglemente les files d’attentes au niveau du robinet. Elle limite ainsi les pluies de coups de poings qui s’abattent aux heures de pointe. Oui, en Inde, tout problème à une solution même si elle ne tient qu’un laps de temps.

  • A chacun son poste
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L’Inde a des gardes dans toutes ses rues. Le temps est long et on les trouve souvent à flâner, dormir, ou lire le journal. (Ici, à Jaipur)

La hiérarchisation du travail, est très respectée. Il est inimaginable pour un salarié de prendre une initiative sans l’autorisation du chef. Et tout autant inconcevable d’effectuer la tâche qu’un autre salarié fait habituellement ( Expliqué ci-dessous dans l’énigme tu ticket de caisse). Quoi qu’il en soit, ce partage du travail permet à tous d’avoir un gagne-pain. Personne ne chôme. Même si les salaires sont loin d’être décents et si certains travailleurs exécutent des tâches exécrables … comme celle de videur de toilettes.

  • L’énigme du ticket de caisse

IMG_6633Ah, l’étape « supermarché » ! Elle reflète bien le point précédent mais comporte une énigme supplémentaire : le ticket de caisse. Deux femmes vous accueillent et placent votre sac à main dans un autre grand sac, fermé par une attache zip. Il faut ensuite se faire fouiller et passer sous les bornes antivol. Une fois dans les rayons, un tas de « conseillers » présentent des produits du rayon. Ou plutôt, opèrent comme simples figurants puisque à la moindre question, ils en réfèrent au supérieur. Et au moment du paiement, la caissière est épaulée d’une personne pour remplir les sacs, d’une autre pour tenir le chariot au cas où le vôtre serait plein, et d’une dernière qui veille au bon passage des produits en caisse.

Vient ensuite le ticket de caisse… Le meilleur pour la fin. Il faut le faire tamponner, après l’avoir signé, sans quoi il est impossible de sortir. Pourquoi ? L’énigme est toute entière. Et si par malheur vous avez oublié de décadenasser votre sac, nul ne sert de demander au tamponneur de l’ouvrir. Il vous renverra vers le spécialiste en la matière.

  • L’indien dort n’importe où, n’importe quand

IMG_5446En plus d’être des surhommes en épices, les indiens battent des records dans leur capacité à dormir n’importe où, n’importe quand. Assis le long d’un arbre, sur le muret d’un pont, ou même sur la banquette arrière d’une voiture stationnée – portes grandes ouvertes – sur l’une des voies principales. C’est ainsi que les siestes improvisées viennent compléter des nuits trop courtes dans cette ville qui ne s’arrête jamais.

  • L’amour sous les parapluies

IMG_5412Les sentiments s’assument sûrement davantage à Bombay qu’ailleurs dans le pays. Le long de la plage, les couples viennent se blottir et s’éloigner du cercle d’amis ou de la famille. Attention ,s’enlacer seulement ! Le baiser ne se fait pas à la vue de tous. Les jeunes couplent se cachent des regards en s’abritant sous des parapluies.

A contrario, l’amitié se montre par des signes ostentatoires d’affection. Les garçons se donnent la main, se tiennent par les hanches ou les épaules, laissent traîner leurs doigts sur les cuisses d’un ami. Ce signe d’amitié, et non d’homosexualité, intrigue d’autant qu’on ne le voit que très peu entre hommes et femmes.

  • Sourds d’oreilles

IMG_6394Oui, les indiens aiment la musique, bien forte, et la font partager ! Dans les restaurants, le son grésille, sature. Il fait siffler les tympans. Comme tout le monde se met à hausser le ton de la voix pour parler à son voisin, on assiste à un crescendo cacophonique. Même dans la région du Kérala, où les maisons se fondent dans la végétation des backwaters, des enceintes diffusent à plein régime des musiques religieuses jusqu’à la tombée de la nuit.

  • Crachat et raclement de gorge

IMG_5465 retoucheJe marche dans la rue quand à homme, à côté, fait un raclement de gorge bien épais et bruyant avant de cracher sa substance au sol d’une grande puissance. Répugnant. Mais il n’y a rien à y faire, les « Rrreukteuuu », c’est culturel. Un bon crachat montre qu’on a aimé le repas. Des rots puissants sortent de toutes les bouches comme s’ils étaient hors de contrôle. Sur la route, il n’est pas étonnant de voir le chauffeur ouvrir la porte juste pour cracher.

Le jet de salive prend de temps à autre une coloration rouge. Ce n’est pas du sang mais du bétel que les indiens mâchent avec d’autres ingrédients avant de le cracher. Le stimulant ne coûte pas bien cher et aurait des vertus médicinales. Ainsi, les femmes ne fument pas, ne boivent pas, elles mâchent du bétel qui les rend euphoriques.

  • L’indian style

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La chemise, le jean porté avec des tongs, la moustache, et vous voilà avec l’indian style ! Ô combien les indiens l’aiment cette moustache garnie. Ils sont rares, très rares, ceux qui s’en séparent.

Cette moustache nous ramène aux années 1980. Il paraîtrait qu’avant le 18 ème, seules les castes supérieures pouvaient porter la moustache. La donne a changé un siècle plus tard et la moustache est devenue un symbole de supériorité britannique. Ces principes sont abolis aujourd’hui mais la moustache reste un symbole de virilité dont les indiens prennent soin. Pas étonnant que l’homme à la plus longue moustache du monde, 4,26 mètres, vive à Jaipur.

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En supplément, quelques photos étonnantes :

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