La pendaison sème le trouble à Bombay

IMG_42431En arrivant au centre à Dharavi ce midi, deux jeunes filles m’offrent un accueil étonnant. Dans une tonalité aiguë que j’aime toujours autant entendre.

« Que fais-tu là aujourd’hui, Mathilda? C’est dangereux. »

Je regarde autour de moi. La vie semble continuer son cours. Rien d’inquiétant. Anu me regarde d’un air incrédule :

« Il y a le corps de Yakub Memon, un des terroristes pendu ce matin, qui arrive à Mumbai dans la journée. Il y a beaucoup de policiers dans les rues pour éviter les débordements car certains, qui ont manifesté contre la peine de mort, sont en colère en ce moment même à quelques centaines de mètres d’ici. »

Le résumé est un peu simpliste, me laisse entendre Nawneet. Le coup de fil d’Alain, ce matin, me rafraîchit la mémoire. Il m’a parlé d’une ambiance tendue à Mahim puisque c’est ici où va être apporté puis enterré le corps d’un des cerveaux condamnés des attentats de 1993. Ils avaient causé la mort de plus de 250 personnes et blessé plus de 700 autres à Mumbai.

« Ça nous traumatise », me confie Anu, qui préfère ne pas sortir le nez du local. « Il y a même beaucoup de gens qui restent chez eux en ce jour. »

Difficile pour moi d’affirmer, ou d’infirmer, tant les rues restent grouillantes de monde à tout heure. Néanmoins, en passant en taxi, je perçois la surpopulation policière, inhabituelle, à tous les coins de rue. Plus loin, des manifestants crient à l’injustice sur cette pendaison, me raconte Renu, la soeur d’Anu. Selon les médias, le pendu aurait coopéré depuis plusieurs années avec la police en donnant beaucoup d’informations sur tous les autres cerveaux dans l’attentat. Pourtant, il est le seul a avoir écopé d’un tel sort.

C’est donc pour prévenir de tout incident que des mesures de sécurité ont été prises aujourd’hui. L’Inde n’impose la peine de mort que très rarement. Mais l’exécution vient de raviver le débat en Inde, où trois cas ont été recensés en quinze ans.

IMG_4264Étrange coïncidence, beaucoup d’adolescents habitués à venir chaque jour marquent par leur absence au centre aujourd’hui. Sont-ils dans les rues ? Ce sont leurs frères et sœurs, tous âgés de moins de huit ans, qui posent leurs cahiers sur le sol et récitent leurs leçons.

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