Campement sur les hauteurs des ghâts occidentaux

IMG_4225A défaut de pouvoir se prélasser sur les plages de Mumbai, nous sommes partis le 25 et 26 juillet dans les montagnes, à 130 kilomètres de notre lieu de villégiature. Quitter Mumbai le week-end, pour mieux apprécier son quotidien la semaine, est presque devenu un réflexe. Onéreux mais nécessaire pour découvrir par bribes une partie du territoire indien.

Avec Sylvain et Bright, nos colocataires, nous réservons donc pour Kolad (Voir sur Google maps). Un village dans les montagnes, couvert d’une forêt dense et traversé par la rivière Kundalika. Celle-ci attire les amateurs de sport en eaux-vives. C’est dans cette case que nous entrons (temporairement), histoire de nous dégourdir les jambes, les bras et de faire trempette dans une eau pure !

Enchantés par notre premier voyage en train, nous faisons finalement une croix sur l’opportunité. Déçus. Ils affichent tous complets et les bus mettent le double de temps à atteindre Kolad. Nous opterons pour la solution de facilité : le taxi. C’est donc un chauffeur indien, sans la moindre connaissance d’un mot anglais (à part « pourboire », « argent », et « ok »), qui sera à nos petits soins pendant ces deux jours. Ce fou du volant, nous le rebaptisons « Jean-Claude ». Un personnage… très atypique !

Jean-Claude arrive à 10 heures à Chimbai road. Sylvain trouve un traducteur hindi/anglais au coin de la rue pour se mettre d’accord sur les conditions du voyage. Attendus à 17 h au campement de Kundalika, nous partons sereins, persuadés d’arriver bien en avance. C’était sans compter sur le sens de l’orientation de Jean-Claude et sur ses facultés à communiquer des informations erronées lors de ses requêtes auprès d’autres indiens. Heureusement, le GPS du téléphone de Sylvain nous sauve d’affaires les premières heures. Jusqu’à ce que le réseau soit hors service, en pleine montagne…

Nous gardons patience (encore et toujours indispensable) et demandons une bonne quinzaine de fois notre route. Sauf que des campements appelés « Kundalika », au nom de la rivière, il y en a à foison. IMG_4087Et les riverains, pour certains analphabètes, semblent peinés devant le papier de réservation.IMG_4211

Nous traversons des petits villages reculés où le temps semble s’être arrêté. Au coin d’une ruelle, un vieil homme recoud les quelques vêtements apportés par des autochtones. Les tissus, lavés par les femmes directement dans la rivière où d’autres points d’eau, sèchent un peu partout.

Des travailleurs sont éparpillés, têtes baissées, dans l’immense écrin de rocaille et de verdure.

Mi-LIÈVRE, mi-tortue

Une, deux, trois heures … Nous roulons en quête du campement, freinés par les embouteillages non plus de voitures mais de vaches qui prennent possession des routes. IMG_4110Et quand bien même quelqu’un aurait voulu sommeiller quelque instant, la tâche devient ardue avec la conduite effrénée de Jean-Claude. Au volant de sa voiture Tata -géant indien de l’automobile-, notre conducteur schizophrène se glisse tantôt dans la peau du lièvre, tantôt dans celle de la tortue. Il fonce, pile devant les ralentisseurs construits en pleines lignes droites, slalome dangereusement entre les animaux et double en pleine côte sans la moindre inquiétude. Et puis, sans comprendre pour quelle raison, il décide de rouler à 20 km/h quand la voie est dégagée.

A 18 h, soit plus de 6 heures sans compter l’arrêt repas après notre départ de Bombay, nous arrivons à Kundalika Rafting camp. IMG_4182retoucheUn vrai plaisir ! La vue sur le lac et les montagnes nous remet d’aplomb. Il est néanmoins trop tard pour partir faire un tour en kayak et nous nous contentons d’un petit repérage dans un sentier tracé, à la nuit tombante, en pleine forêt. De retour au campement, nous faisons la rencontre de fourmis robustes, sauterelles démesurées et papillons majestueux. Ils ont pris possession de notre tente (Voir galerie ci-dessous).

Après une douche bien froide -rien de tel pour la peau-, et un séchage de cheveux directement sous le ventilateur, nous filons manger des plats indiens. Extinction des feux à 23 heures, quelques minutes après l’arrêt du karaoké de nos voisins qui s’éclatent sur des chansons indiennes. Probablement paillardes, vue l’intonation de leurs voix.

Le réveil se fait aux aurores le dimanche matin. Quoi que les premières lueurs du soleil ont un pas d’avance sur nous et font refléter de belles couleurs dans les montagnes. Le petit déjeuner, épicé, nous sort définitivement du sommeil.

« Globalement, c’est le même repas que la veille sauf qu’il y a quelques épices ajoutées pour relever le goût », ironise Sylvain, tandis que nous hésitons devant des plats en sauce.

Nous partirons finalement l’estomac presque vide. D’autant que Jean-Claude nous attend pour rejoindre le point de rassemblement rafting. Une fois n’est pas coutume… Nous nous perdons en route. Et rencontrons de nouveau les routes défoncées, les dos d’ânes mal placés, les vaches sacrées indélogeables.

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Départ sur les eaux (Photo Go pro)
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Pause avec chauffeur, surnommé Jean Claude (Photo Go pro).

En arrivant auprès des dizaines d’autres apprentis rafteurs, l’organisation indienne titille notre patience. Les organisateurs vaquent à d’autres occupations. Si quelques uns regonflent les rafts, les autres parlent, attendent, s’occupent sur leur téléphone. La pluie en profite pour nous assaisonner correctement. Les indiens, qui raffolent des trompes d’eau, sautent de joie. Cela semblent remuer les organisateurs qui, trois quart d’heure plus tard, commencent à donner les consignes en hindi aux personnes. Un des guides se sacrifie et nous traduit les consignes en anglais. On acquiesce mais à vrai dire… Ce sera de l’improvisation !

Les rafts sont bien chargés. Le nôtre, d’une large dominance masculine, accueille 11 personnes. Le premier rapide nous met en jambe. Les indiens crient à la moindre secousse. Ils entonnent des chants de pirates. Le spectacle est très bon enfant.

Légère déception pour nous qui avions déjà pratiqué car la rivière s’avère en réalité relativement calme. Tellement qu’on nous jette à l’eau pendant 40 minutes afin de flotter jusqu’au prochain rapide. La baignade est savourée !

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Rafting avec notre guide

Jean-Claude nous raccompagne au campement pour un dernier repas indien avant de reprendre la route. Encore plus effrayant qu’à l’aller, il enchaîne les inconvenances sur la route. Même Alain, qui a le pied lourd en France, s’accroche et réclame à mettre sa ceinture. Fait rare… C’est même la première fois depuis notre arrivée en Inde !

Quelques photos supplémentaires sur ce week-end à Kolad :

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3 réflexions sur “Campement sur les hauteurs des ghâts occidentaux

  1. Que de souvenir vous allez avoir, j’ai toujours beaucoup de plaisir à lire tes (vos) aventures, je regrette de ne pas connaître Jean-Claude….

    Bises

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