Goa, terre d’évasion

Palolem beach

Prendre la décision d’aller à Goa n’était pas forcément la plus sage. C’était blanc ou noir. Le rêve ou le cauchemar. Sur les forums, l’avis était unanime :

« En juillet, des trombes d’eau tombent continuellement. Les hôtels sont fermés ou alors, moisis par l’humidité. Les plages au sable blanc perdent leur couleur majestueuse. La vie s’arrête. »

L’échange avec plusieurs habitants à Mumbai nous a finalement poussé à braver ce flot d’avis négatifs. La mousson, terrible à la fin du mois de juin, reste encore timide. Et le soleil se montre presque tous les jours à Goa. Vol et hôtel réservés, nous avons finalement tenté le coup. Sans regret !

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Après deux heures de taxi, – et une flopée de vaches rencontrées sur la route – nous arrivons au sud de Goa, à Palolem. L’hôtel est inoccupé. Nous sommes même les seuls à profiter de l’environnement prodige. Au lever du soleil, la nature verdoyante nous procure un fort sentiment de bien-être. La pluie a sublimé la flore tropicale. On respire !

IMG_1099En route vers Palolem Beach – hautement prisée par les touristes en pleine saison – nous contemplons des maisons colorées enfouies au milieu de robustes palmiers. La plage est désertique. La mer, très agitée, brasse le sable. Seules quelques vaches se font dorer la pilule au soleil. C’en est presque déroutant. Au bas des rochers escaladés, je manque d’écraser un petit serpent marin, jaune et noir.

IMG_1107Au loin, nous apercevons enfin quelques personnes sur la plage. Ce sont des pêcheurs, dont le village s’est établi au bord de l’eau. La pêche collective devient captivante. Les hommes unissent leur force et tirent des cordes pendant plusieurs heures pour ramener les filets de poissons. Et ce, plusieurs fois par jour.

Non loin, des touristes indiens et étrangers prennent du bon temps. Certaines tenues vestimentaires (short, jupe, débardeur), jugées trop échancrées dans les coutumes indiennes, peuvent ici être portées sans aiguiser les regards. Ce vent de liberté qui souffle sur Goa ne « se trouve nulle part ailleurs en Inde », selon le petit futé. J’en profite et troque mon pantalon contre un short.

Chose totalement proscrite à Mumbai, tant par sa dangerosité que par l’exaspération causée dans les embouteillages, nous décidons de louer un scooter pour nos deux jours pour la modique somme de 250 roupies (3,5 euros) par jour. L’occasion d’arpenter, à notre rythme, la côte indienne et les Ghâts occidentaux (montagnes).

IMG_1157Au moment de chevaucher notre nouveau véhicule, nous rencontrons Mélanie et Dimitri. Deux bordelais, venus faire le tour de l’Inde pendant un mois. Goa était pour eux « une pause vitale » après 10 jours éprouvants dans le Rajasthan. Sur la plage, nous déblatérons autour d’un verre sur nos enchantements et nos désillusions. Que c’est bon ! IMG_1162Ils se dotent à leur tour d’un scooter et nous faisons un bout de chemin ensemble, du marché d’épices près de Palolem aux plages d’Agonda. Les paysages défilent devant nous. Alain ne perd pas la route de vue au cas où une vache, en plus de celles en balade ou endormies sur la route, déboulerait à la dernière minute. Nous adoptons le réflexe indien : le klaxon à tout-va. Alain et Dimitri retrouvent leur plaisir d’adolescence !

En contre-bas des gens labourent la terre dans les rizières. Dans le village, les palmiers bordent somptueusement les rues étroites.

Agonda Beach nous offre un splendide spectacle. L’atmosphère épaisse au soleil couchant donne au ciel une couleur rose-violet. Un sentiment de plénitude nous envahit. Puis, le ciel devient menaçant. Le vent se lève à vive allure. Les oiseaux volent tous en direction de Palolem. La pluie ne va pas tarder à s’abattre et la route est longue, dans la nuit noire.IMG_1179

Nous partons un peu précipitamment et échappons, par chance, aux pluies diluviennes. Cette fois, tout du moins.

Les restaurants viennent d’être ravitaillés par la dernière pêche de la journée. Nos papilles, en effervescence et habituées ces derniers temps au poulet, ne font qu’une bouchée des Red Snapper.

IMG_1232IMG_1206Le lendemain, nous partons en direction de Ponda et son Sahakari spice farm. La plantation d’épices réunit en un même lieu des dizaines de variétés. Nous comprenons la culture des plantes, leurs usages et les bénéfices apportés. Courte visite, mais passionnante même si nous passons – avec l’anglais intonation indienne – à côté d’une partie des informations données. La floraison de graines médicinales, exportées partout dans le monde et parsemées dans les boissons et plats en Inde, nous aide à comprendre la résistance des indiens à la nourriture très épicée.

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A la fin du parcours, nous nous laissons tenter par une baignade avec un éléphant. Partagés entre l’excitation et le scrupule de monter sur un éléphant apprivoisé. Finalement, le mastodonte semble savourer la douche. D’autant qu’on dorlote son épaisse peau avec une brosse faite de noix de cocos. Les rôles sont ensuite échangés. Avec sa trompe, l’éléphant  nous asperge… de la tête au pied.

Le séjour à Goa touche à sa fin et nous survolons tardivement Mumbai. Les phares se démultiplient dans les rues, signe du rythme effréné et étouffant de la ville, même un dimanche soir. La voix de l’hôtesse de l’air nous réveille : « Welcome in Mumbai, it’s 30 degrees. »

Plus de photos dans la rubrique « Derrière le viseur »

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